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24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 09:29
"Gouzou" a la tête qui explose!

"Gouzou" a la tête qui explose!

Une marmite sous pression! Certains patients qui ont en commun la difficulté à écrire vite et bien du fait d'une trop grande tension présentent aussi une formidable capacité à "exploser".

Il y a les -extériorisant- et les autres, silencieux qui gardent tout à l'intérieur jusqu'au moment où le risque d'explosion augmente proportionnellement aux émotions et où cela "pète" à la moindre relâche.

Souvent, c'est le même constat ; les proches s'étonnent : "mais pourquoi a-t-il piqué une telle colère pour un truc sans importance?".

La réponse est que sans doute une émotion en particulier en a été le détonateur mais aussi toutes les émotions précédentes muselées ou non digérées qui sont venues s'y ajouter.

"C'est quand il y a un truc qui ne va pas comme je veux" dit ce jeune patient ; "ça peut être vraiment un truc idiot... je me rends compte que je n'ai pas pris le bon livre ou que j'ai oublié une gomme...". = "je fais ma crise..."

Ce jeune adulte évoque ses coups de gueule dès lors qu'il se sent contrarié, qu'il y a un retard ou qu'une personne conteste sa façon de faire. "Je deviens fou" dit-il ... "Les autres me regardent bizarrement et je sais que je pète les plombs...".

Je pense à un adulte qui venait en consultation en choisissant "son heure" et sans tenir compte de mes autres rendez-vous, ni même de mon emploi du temps, s'installant dans la salle d'attente avec parfois plus d'une heure d'avance, incapable d'accepter l'heure précise de son rendez-vous ; il débarquait, selon son bon plaisir : "mais je viens exprès en avance, en plus c'est le jour où je ne travaille pas!"... Autrement dit, ce que vous faites vous, je m'en fous! j'arrive! il n'y a plus que moi qui compte... En ce sens il ne respectait pas l'heure et s'imposait avec force annulant la règle et s'immisçant dans mon cabinet selon son bon vouloir. Le ramener à la réalité en lui faisant observer qu'il serait bien qu'il arrive à l'heure de son rendez-vous le mettait vraiment en colère, persuadé qu'il faisait au mieux... pour m'arranger... Une histoire rocambolesque. Bloqué dans sa toute-puissance il lui était impossible d'accepter une consigne, une règle, une date, une heure ... bien évidemment sa vie professionnelle était au point mort et sa vie privée un désert affectif.

Lorsque l'on ne va pas bien, que l'on souffre de bouffées d'angoisse la moindre petite goutte fait déborder le vase et l'on est confronté à une explosion sans prévenir.

Ce comportement met en lumière une difficulté à accepter les règles ; lorsque l'on a 8 ans, 10 ans, voire 15... c'est encore compréhensible : on a du mal à grandir ; en revanche à un âge adulte c'est un réel problème qui rend la vie en société fort compliquée.

Certains patients souffrent de dysphorie = sentiment de vide ; cela arrive sans crier gare et par montées... Le souci est qu'en phase de vide, il n'y a plus personne aux commandes ; c'est un vrai malaise qui résulte "d'oscillations émotionnelles cycliques entre l'espoir d'une stabilité et la déception de l'inatteignablilité". Pas facile à contenir et pas facile à accepter lorsque l'on est face à eux.

Les troubles de l'écriture renvoient toujours au regard (porté sur l'écriture et porté sur celui qui écrit) ; l'image de soi est un problème récurrent chez tous les patients qui avancent sur la corde raide! Cela donne différentes confessions : "je ne suis rien!" ; "il y a des jours où je me sens nul" ; " je suis bien meilleurs que les autres... ils sont tous cons..." ou "je ne m'aime pas" qui finit en "personne ne m'aime!".

Le plus fatigant à vivre est une espèce de questionnement permanent basé sur des informations contradictoires qui laissent leur auditoire perplexe. Il y a dans tous les cas une vraie souffrance car ces patients ne sont pas en mesure de gérer la situation et ils réagissent de la seule façon possible = clivage.

Cette foutue marmite est un vrai casse-tête pour les proches. Un enfant (ou un adulte) qui se met en colère, agresse l'autre, le malmène, le harcèle pour lui faire mal et ne sait pas exprimer verbalement sa souffrance (sauf en la faisant porter par l'autre) , c'est déjà un enfant à problèmes et en souffrance. L'aide est vitale et derrière cette question : "pourquoi agit-il ainsi?". C'est le début du travail thérapeutique...

24 septembre 2016 6 24 /09 /septembre /2016 07:03
encore un peu de soleil...
encore un peu de soleil...

Toiles d'été, sous le soleil...

L'eau

Par la grâce de l'eau

Nous sommes nés à la terre

De sources en ruisseaux

De rivières en fleuves

De cascades en océans

Surpeuplant tous les sols

Au risque de naufrages

Issus de l'eau remuante

Nous subissons mêmes vagues

Mêmes houles mêmes remous

Mêmes écumes mêmes déluges

Jusqu'à mortelle sécheresse

En désertant le temps

Bâtis d'eau d'étoiles

Et d'une étrange chimie

Voués aux mutations

Fluides ou marécageuses

Voguant entre des berges

Ou bien à la dérive

Nous sommes les éphémères

Nous sommes les permanents.

(A.Chédid)

21 septembre 2016 3 21 /09 /septembre /2016 14:54
sculpture de Jurga

sculpture de Jurga

On me demande souvent : c'est quoi la graphothérapie clinique? Parfois j'ai juste envie de répondre : une invitation à sentir ; tous les organes sensoriels peuvent devenir inducteurs même le silence. L'objectif est de percevoir à l'intérieur de soi qu'il y a crispation et que c'est elle qui fait mal et empêche la main d'écrire librement. C'est le corps engagé dans l'écriture qui est mal à l'aise, ce qui ne veut pas dire que dans d'autres situations il l'est. J'ai parmi mes patients des champions d'escrime, de tennis ou de golf ; d'autres font de l'athlétisme ou pratiquent la natation à haut niveau.

Le problème de tension renvoie à une problématique psychique et c'est bien différent d'un souci moteur! Via la relaxation nous faisons un travail de liaison de l'image et du langage. Il y a un cadre précis et stricte ainsi que des consignes. Selon la consigne certains patients s'adaptent, se plient à ce qui leur est demandé dans un esprit de non contradiction, un peu passifs... ce qui n'est pas structurant ; pour d'autres, la situation d'autorité et la demande qui leur est faite est tout simplement intenable! Ils réagissent par des manifestations émotionnelles, plus de tension et s'acharnent à court-circuiter la relaxation en gardant la maîtrise de la séance. Parfois c'est la seule tension corporelle qui peut permettre à un patient hypertendu de sentir un corps qui lui échappe ; la seule détente tonique possible se fait à partir de l'épuisement.

D'où l'importance de regarder ces enfants qui écrivent mal et se demander qu'est-ce qui est corporellement préfiguré, qu'est-ce qu'il nous montre d'eux-mêmes?

La graphothérapie clinique est une aide au lieu même où se révèle la souffrance : la tension corporelle = "j'ai mal à mon épaule" ou "j'ai très mal au poignet ou aux doigts".
Il est bon alors d'établir un autre rapport à l'écriture sans contrainte, ni tension : ne plus penser, ne plus vouloir s'interroger sur le pourquoi et sur le comment mais se contenter de laisser venir.
C'est toujours le corps qui résiste à lâcher l'écriture.

Lorsqu'un être humain essaie de ressentir ce qu'il doit ressentir et s'interdit d'éprouver ce qu'il ressent réellement, il tombe malade. Il n'y a pas de mouvement de l'esprit qui ne soit un mouvement du corps. Les émotions, les angoisses de toutes sortes ont des répercussions sur le plan rythmique, de même un mouvement implique une mobilisation corporelle.

20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 15:44
un petit monstre!

Le pauvre loulou qui vient en consultation est mal en point et en dépit de son air absent je devine une grande désespérance ; il écoute sa mère énoncer tous les problèmes : d'abord il écrit mal, on ne comprend rien! pourtant il lit à peu près... il a des problèmes avec les sons, lorsqu'il ouvre la bouche, tout sort en vrac... il ne travaille pas seul, rêve en classe, n'écoute pas ce qu'on lui dit et pique des colères pas possibles, à l'école comme à la maison. Dès la rentrée on lui a concocté un programme de réjouissance : croix sur le cahier de liaison = il bavarde et fait le pitre ; soutient scolaire = du travail en plus ; des bilans en tous genres pour vérifier s'il n'est pas idiot! punitions aussi qui tombent, bref ce n'est vraiment pas la joie et pour finir tout le monde se moque de lui en classe!

Lorsque je lui demande ce qu'il en pense et pourquoi sa mère a pris rendez-vous? Il lève ses grands yeux bleus au ciel! "je suis méchant avec les autres enfants et j'ai de mauvaises notes... et je ne sais pas écrire... c'est la maîtresse qui l'a dit!".

La mère confirme ; elle a déjà été convoquée à l'école car il a sauté sur le dos d'un camarade et lui a arraché une poignée de cheveux!

Ce n'est pas la première fois que cela arrive et à la maison dit-elle, il peut cogner fort sur son frère, pour un rien.

Voilà le décor est planté! L'affreux jojo qui semble pourtant si mignon m'explique qu'il ne le fait pas exprès mais quand il est fâché eh bien il n'arrive pas à s'arrêter. Il s'agit en effet plutôt d'un manque total de contrôle et notre lascar fait des crises de rage. Il se demande pourquoi il fait ça? car en plus ça finit toujours mal pour lui! Ce que je lis sur son visage, ce n'est ni de la provocation, ni de la méchanceté mais tout simplement de la tristesse, de la souffrance et de l'incompréhension : comment peut-on flanquer son poing sur le nez de l'autre aussi vite...sans même avoir le temps de réfléchir à ce que l'on fait?

Les parents se plaignent : "il ne s'excuse même pas! on dirait qu'il s'en fout!". En fait c'est plus complexe que cela et le petit monstre cache ses débordements et son hypersensibilité derrière une façade d'indifférence ; il regarde ailleurs ou pire, il éclate de rire. Tout cela n'arrange pas ses affaires car comment communiquer avec les autres lorsque l'on montre de telles réactions? Les autres sont incapables de comprendre que face à une situation désastreuse il en ressent plus les affres que certains. Sa façon de se faire remarquer en étant l'affreux de service est surtout un moyen de crier "aidez-moi" et son côté non concerné, impassible, le meilleur moyen de ne pas craquer.
La vraie question à se poser est : est-ce vraiment un acte de méchanceté ou un acte de débordement émotionnel, un réflexe défensif?

La colère dirigée vers les autres est bien souvent une colère contre soi...

Ah! pour information, à la différence d'un pervers narcissique qui ne souffre que lorsqu'il prend conscience en chutant de son piédestal qu'il n'est somme tout qu'un médiocre... le patient -état limite- est bel et bien en souffrance. Son souci est bien différent et il ne cherche pas à faire du mal à l'autre pour le plaisir, le problème est ailleurs.

19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 18:28
time out

L'objectif d'un travail de relaxation est en premier d'être à l'écoute de soi et de ses sensations. Trop souvent les patients que je reçois se sont coupés, pour une raison consciente ou inconsciente de ce qui avait été sans doute trop difficile à encaisser : le départ de papa ou de maman, le déménagement, la mort de Médor ou de Minou, la séparation d'avec un ami, etc... A force de ne plus vouloir sentir, ils ne sentent en effet plus grand chose.

Certains "anges" se révèlent bien plus agressifs qu'il n'y paraît au premier coup d'oeil. Ils ont pris l'habitude d'endosser le costume de l'enfant sage, souriant dans toutes les situations : jamais un mot plus haut que l'autre... Pourtant, pétri de tensions au moment d'écrire ils ne peuvent ni tenir dans le temps ni dans la vitesse, la main totalement bloquée.

Lors d'une prise en charge les verrous cèdent petit à petit et très vite l'agressivité bien cachée se dévoile au détour du travail.

J'ai souvent entendu lors de divers séminaires ou formations qu'il était bon de déverser sa colère ou les trop pleins en se défoulant sur un coussin... L'exercice m'a souvent laissée perplexe! je ne suis pas certaine qu'une séance de punching-ball soit la meilleure façon de se débarrasser d'un coup de gueule ou d'une montée de colère ; ce serait un peu trop simple! au contraire j'y ai toujours vu un moyen de détourner l'éruption volcanique masquant la réalité en se retrouvant, au passage, tout "péteux" de s'être livré à cette débauche de coups sur un malheureux coussin! pathétique!

Il me semble préférable, une fois en lien avec sa sensation de colère (en ayant pris le temps de sentir où cela se passe dans le corps) de l'accepter : ce ne sera déjà pas si mal que cela! Voilà, il y a un truc qui me flanque dans une de ces rognes!! C'est plus sain et plus raisonnable d'y être connecté que de vouloir à tout prix l'ignorer ou la détourner. Et puis on ne peut pas être toujours de bonne humeur surtout lorsque l'on est plus sensible que les autres ; c'est aussi cela apprendre à se connaître et à reconnaître comment on gère ou pas ses émotions.

Il faut le temps de décompresser, d'aller prendre l'air, de respirer, quitte à faire 3 fois le tour du pâté de maisons au pas de charge! C'est ce que veut dire "time-out".

Lorsque l'on travaille sur le corps, quelle que soit la pratique, on apprend à sentir, à repérer -en lien avec un évènement, une parole, une crainte- ce qui se trame de l'intérieur. "Resspiire!!" me dit en riant ma rolfeuse (cf rolfing) quand je ressens une douleur et que je serre les dents au lieu, en effet de prendre une bouffée d'air! Eh bien, c'est un peu la même chose. Certains jeunes patients, alors qu'ils évoquent un truc qu'ils ont en travers, se lèvent d'un bond au lieu de casser la craie dans un mouvement d'humeur ; ça ne se fait pas en un clin d'oeil ; il leur aura fallu du temps pour être présent à eux-mêmes sans ressentiment, sans honte en acceptant tout simplement de laisser aller ce qui monte... Déjà pouvoir dire à l'autre : "oui, je me sens en colère" est un véritable miracle!

19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 15:01
credo des anxieux!!

"ah non... je ne prends pas le train seul pour aller à Paris! le monde est trop dangereux!"

"je suis fragile... j'ai les mêmes maladies que maman..."

"je prends tout dans mon sac des fois que j'oublie un truc... ah non... je ne pourrai jamais faire autrement!".

Bref, l'environnement est plein de dangers, de choses imprévues et il n'y a qu'en se préparant au pire qu'on pourra arriver à survivre!

Rentrer dans une éventuelle discussion pour vérifier s'il serait possible de faire un tout petit peu autrement est illusoire surtout lorsque cela vire à l'obsession et c'est pourquoi nous travaillons davantage sur le corps en graphothérapie clinique.

Ce crédo d'inquiétudes est souvent le lot de patients qui consultent pour un souci d'écriture tant ils sont sur le qui-vive et tendus face au monde qui les entoure. On ne peut pas dire qu'ils soient à l'aise dans leurs baskets! Certains ne supportent plus rien, y compris le voisin ou la voisine de table qui a tendance à bavarder! C'est déjà si compliqué de penser à ce qu'ils sont en train d'écrire que le moindre bruit, le moindre souffle les distrait de l'exercice et les met dans un état pas possible.

"il y a trop de bruit en classe!" braille-t-il et souvent d'ajouter avec un ton pointu "tant pis pour eux... ils vont tout rater à force de ne pas écouter la maîtresse"... un côté un peu donneur d'ordres, persifleur à ses heures! qui lui créé bien des tracas et l'étiquetage d'intello voire d'emmerdeur!

Souvent ce trop plein d'inquiétudes est repris par les parents : "oh plus il se fait de souci plus ça l'oblige à en faire plus il ne travaille bien que comme ça... et puis s'il se relâche ça risque d'être la catastrophe"! certes... ce ne sont pas les notes, ni les résultats scolaires qui posent problème c'est l'état dans lequel se met leur enfant et avec une telle vision des aptitudes du gamin, pas étonnant que tout le monde soit sur les charbons ardents!

"Je pense tout le temps au truc d'après"... "et j'oublie des mots sur ma feuille... parfois je n'ai même pas toutes les lettres dans le mot!". Sa préoccupation favorite?? Que va-t-il se passer après..? d'où des bouffées d'affolement très pénibles. J'entends souvent : "et si ... et...si" et je suppose qu'il en va de même tard dans la nuit!

Ces inquiets consultent parce que l'écriture montre qu'il y a un dysfonctionnement : tonique bien souvent : leur demande? un soulagement corporel. Ce trop d'inquiétude se manifeste essentiellement dans le corps et avant de pouvoir parler de crispation dans le bras, on me parle de crises de colites, de douleurs dans le dos, de difficultés à respirer, de vomissements, etc...

Lorsque ces troubles ne sont pas pris au sérieux ou minimisés il n'est pas rare, en fonction d'un évènement déclencheur d'avoir un épisode dépressif.

18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 09:53
confiance en soi, confiance en l'autre

"Je parlais d'un art de vivre qu'il faudrait enseigner. J'y mettrai cette règle "faire plaisir". (Alain)

Lorsque l'on est en difficulté avec l'écriture, c'est-à-dire, que l'on reste illisible pour l'autre penché sur la feuille ou le cahier, c'est que souvent on peine à se faire confiance et à faire confiance. Les enfants qui restent accrochés à leur crayon et se contractent au point d'avoir mal dans tout le bras ou de bloquer leur poignet sont des enfants qui hésitent ou se lancent à corps perdu dans l'écriture. Ils hésitent car ils ont besoin de prendre possession de chaque lettre, de la former le mieux possible en se demandant s'ils n'ont pas oublié quelque chose au passage! ou ils foncent pour se débarrasser au plus vite de l'exercice : aller vite pour ne pas sentir, pour ne pas s'attarder, par crainte d'échouer ; alors le passage à l'écrit se fait mal et fait mal.

On retrouve la difficulté à trouver le bon tempo entre relâcher son geste et le retenir. Il en va de même entre donner et recevoir. Les jeunes que je vois sont très souvent dans la maîtrise et ont bien du mal à accueillir l'inattendu, l'imprévisible... il en va de même dans la relation thérapeutique ; il faut du temps pour que s'installe une relative confiance... surtout lorsqu'ils sont dans une grande attente.

Lorsque l'on donne on garde la maîtrise. En revanche recevoir de l'autre suppose une forme de passivité : on accepte de recevoir mais de la façon dont l'autre veut vous offrir quelque chose et cela éveille fatalement une dépendance et par conséquent une possible menace... C'est le début d'une relation compliquée, possible échange de cet "entre toi et moi" souvent en lien avec la relation maternelle. Les travaux de Winnicott ont mis en lumière l'importance du climat émotionnel que la mère instaure entre elle et son bébé et combien ce tout premier partage est à l'origine du sentiment de confiance qui va permettre peu à peu au petit de prendre ses distances sans crainte.

La confiance ne se reçoit pas toujours et ce pour maintes raisons pourtant c'est sans doute ce qui est le plus nécessaire à une vie épanouie ; comment aimer l'autre sans confiance partagée?

On a confiance ou pas. Les enfants, les ados, l'expriment très bien lorsqu'il peine à se faire des amis, des relations. " si je me fais un copain... il peut aussi me trahir... et me laisser tomber... autant rester seul!" et ainsi certains se replient sur eux-mêmes. Il faut un écart entre deux pour qu'il y ait confiance : "quand je regarde, on me voit, donc j'existe" (Winnicott)

La fiabilité maternelle reste le socle, c'est elle qui permet de grandir sans crainte : l'enfant, quoi qu'il arrive est sûr de la retrouver donc il peut aller son chemin tranquillement et devenir autonome. Il en va autrement dès lors que surgit un traumatisme ou un accident de parcours : l'inquiétude s'installe et la fiabilité devient incertaine.

Ces enfants qui restent seuls dans la cour de récréation ont pourtant le désir d'être comme les autres gamins et de se faire des copains ; la plupart tente l'aventure mais souvent ça ne marche pas et ils restent seuls : "je n'ai rien à dire!"

Lorsque l'on est parents on a parfois eu une relation douloureuse avec ses propres parents et nous avons du mal à nous mettre à la place de l'enfant. C'est souvent ce que j'entends. Difficile dans certaines familles de faire côtoyer plaisirs et limites imposées. Il y a de nécessaires affrontements et il faut naviguer au plus près pour trouver sa place et que l'échange se fasse en toute confiance.

17 septembre 2016 6 17 /09 /septembre /2016 12:09
lorsque un des parents pose problème...

Pour engager une prise en charge thérapeutique il est préférable d'avoir l'aval des deux parents et leur expliquer quel travail on va engager avec leur enfant afin de les tenir au courant.

Parfois un des parents est un réel problème ; je prends comme exemple un père dont la personnalité est limite. Difficile de travailler sereinement et lorsqu'on les rencontre en consultation ils vont d'emblée, avant même de parler des tracas de leur enfant, tirer à boulets rouges sur la mère et l'annuler : "elle est trop cool avec son enfant"... "elle le laisse faire tout ce qu'il veut, ne s'en occupe pas"... "elle n'est pas mature".... et parfois les attaques sont bien pire. Rencontrer de telles personnes est assez édifiant et met en lumière la tension qui règne dans les relations familiales. On est confronté à des donneurs de leçons qui pour se maintenir dans la toute-puissance doivent en permanence mentir et manipuler, fonctionner aussi dans l'imposture. Ils savent berner leur interlocuteur et dans la vie quotidienne ces personnes très immatures ont d'emblée un comportement manipulateur. Difficile de ne pas tomber dans le panneau!

Je me rappelle un père qui, loin de vouloir savoir ce qui se passait pour son fils ne pensait qu'à démolir la mère qui était forcément mauvaise. Lorsque son fils se retrouvait avec lui en garde alternée la tension était à son comble et le petit mettait toute la semaine suivante à s'en remettre! La violence est toujours insidieuse et cachée : ironie, sarcasmes, moqueries ; aucune discussion portant sur la relation n'est possible car ces individus ne sont pas concernés par les émotions.

Le père avait le même comportement avec son fils : soit il obtempérait et tout se passait pour le mieux (dans sa tête) soit il y avait un questionnement et très vite l'agacement prenait le pas sur l'écoute très vite suivi d'agressivité. Lorsque l'on sait qu'un enfant, quoi qu'il arrive reste fidèle au modèle paternel, on est très vite inquiet.

La mère en revanche était une personne pleine de vie, joyeuse qui s'était peu à peu vue pomper son énergie et ses forces par un partenaire qui tel une boule de gui s'était collé sur elle pour la réduire à néant, se nourrissant de sa force de vie et en échange lui refilant toute son énergie négative! Elle avait sauvé sa peau et celle de son fils, on lui échappant et en divorçant.

Pourquoi un tel comportement? parce que la projection de sentiments négatifs sur l'autre est leur unique moyen de ne pas sentir ce qui les chamboule et les rend dépressifs. Autrement dit, ce n'est qu'en déversant leur hargne sur l'autre qu'ils peuvent se sentir apaisés. Inutile de dire que cette situation est plus qu'inquiétante pour pouvoir s'occuper d'un enfant.

Le pire est que dans un premier temps vous pensez rencontrer une personne solide et compréhensive... le masque, heureusement tombe très vite et il est plus facile de comprendre ce qui déstabilise un petit enfant et l'amène à manquer de confiance en soi. De tels personnages ne raisonnent qu'en -bon ou mauvais- et leur méfiance relève du délire. D'une certaine façon eux-aussi supportent mal les séparations : ils ne s'en remettent pas et n'ont en tête qu'une seule chose : se venger... On imagine ce qu'un tel comportement peut créer de remous négatifs auprès d'un jeune enfant. Comment rassurer un enfant lorsqu'on est soit-même si changeant, capable de dire une chose puis son contraire...

Une personne qui ne peut s'affirmer qu'en envoyant l'autre au tapis est un véritable danger. Ce n'est pas simple de quitter de tels personnages. Lors du suivi thérapeutique d'un enfant, après les attaques violentes, ils se laissent très vite aller au rôle de la victime abandonnée... Ils peuvent ainsi perturber leur enfant : "tu vois, ce que ta mère a fait de moi..." On n'est pas loin du meurtre psychique. En règle générale, on ne les voit pas longtemps : la thérapie ce n'est pas pour eux...en revanche, c'est long pour leurs proches car il faut du temps pour se remettre de telles rencontres.

16 septembre 2016 5 16 /09 /septembre /2016 17:04
j'ai hérité de ...

"j'ai hérité de la vilaine écriture de mon grand-père"... dit-il en s'asseyant. "Je n'arrive même pas à écrire la date proprement sur mon cahier... ce n'est pas lisible et je fais des ratures...La maîtresse me dit toujours : "alors? quel jour sommes-nous?"...

Il arrive fréquemment que l'écriture d'un enfant soit associée à celle d'un parent ; exemple : il est gaucher comme mon frère ou comme son père.

Si dans les troubles de l'écriture, c'est souvent le "trop" et le "rien" qui m'interpelle, le fil des mots souple ou emmêlé, lien qui étrangle chaque lettre ou au contraire qui flotte dans les blancs... il en va de même dans les petites phrases lâchées au fil de la conversation.

Hériter? Curieux verbe... hériter pourtant ce n'est pas recevoir un cadeau ni une récompense... hériter ce n'est pas non plus obtenir un don de ses parents c'est même le contraire. On prend possession de quelque chose, d'un bien sans qu'il nous ait été vraiment donné, sinon on peut facilement imaginer que la personne l'aurait fait de son vivant! Donner par disposition testamentaire marque une volonté, un choix, une action ; en revanche léguer suppose un désir, une intention à l'égard d'une personne ; "ce très joli miroir que tu aimes tant, prends-le puisqu'il te plaît..." démarche bien différent de l'acte légal qui porte un nom : l'acte de notoriété. Un héritier est par conséquent la personne à qui un héritage est destiné par voie de filiation. Mais comment puis-je recevoir des choses que l'on ne m'a pas données? Pourquoi y avoir droit une fois que les personnes sont mortes? Ce que la loi impose, le langage parfois l'interdit.

Un Rien, voilà ce que nous fûmes, sommes et resterons, fleurissant : la Rose de Néant, la Rose de Personne... (Paul Celan)

L'écriture a ses secrets, mais les lettres nous parlent si nous savons entendre. L'écriture nous ramène toujours au fil du temps qui passe...

"Quel jour sommes-nous

Nous sommes tous les jours

Mon amie

Nous sommes toute la vie

Mon amour

Nous nous aimons et nous vivons

Nous vivons et nous nous aimons

Et nous ne savons pas ce que c'est que la vie

Et nous ne savons pas ce que c'est que le jour

Et nous ne savons pas ce que c'est que l'amour.

J. Prevert

15 septembre 2016 4 15 /09 /septembre /2016 08:45
huile sur toile (catdigue) exposée parmi bien d'autres!

huile sur toile (catdigue) exposée parmi bien d'autres!

Pour information!

Deux expositions ce w-e à Barbizon :

Nicole Gane qui expose dans la rue principale au n° 41... venez nombreux!

Expo animalière, salle Marc Jacquet : samedi 17 et dimanche 18

traces... de... peinture
traces... de... peinture

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De la trace écrite à la peinture à l'huile...

 

Tous les chemins pour accéder à un geste plus libre...

 

Qu'est-ce que cela veut dire :  être dysgraphique??


Mon cheminement prend racine dans mon expérience de "graphothérapeute-clinicienne" à travers l'approche quotidienne du corps de mes jeunes patients qui souffrent de mal écrire.Tout comme l'écriture, la peinture passe aussi par le corps ; du regard à la main.

Je peins depuis que je suis enfant, attirée par les traces de toutes sortes : traces d'écriture, de dessin, de pastels, d'aquarelles ou d'encres.

C'est à travers un dédale d'expériences personnelles et thérapeutiques que je me suis "lancée".
Ma démarche est celle d'une promeneuse solitaire qui s'émerveille des paysages de mer : de Bretagne, d'outre-mer ou d'ailleurs.                                    

Le Finistère Nord est mon terrain de jeu, ma boîte de couleurs : de Brest à Carantec, de Morgat aux Abers, de Brignogan à Roscoff ; c'est là que je me ressource et découvre toujours de nouvelles teintes, de nouvelles lumières comme si je les découvrais pour la première fois.
Regarder est si difficile...

 

J'ai créé ce blog pour partager mes réflexions et des instants de ma vie de thérapeute et de peintre.

Quoi qu'il arrive, penser que nous sommes toujours en transition, en devenir, pourrait nous fournir une capacité à rebondir extraordinaire.

"Etre créatif, c'est avoir le sentiment que la vie vaut la peine d'être vécue" (D.Winicott)

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à maux couverts

Cette page -référencée- dans les articles vous permet de poser des questions sur tout ce qui de près ou de loin a trait à l'écriture : apprentissage dès le cp, problèmes rencontrés, tous les "dys" : dysgraphie, dyspraxie, dysorthographie, dyslexie ; les troubles de l'écriture : écriture trop lente, illisible, saccadée, sale avec des ratures, des lettres oubliées, écriture trop grosse, trop petite, etc...

Il vous suffit d'ajouter un commentaire en bas de cette page.

Je vous répondrai dans la mesure de mes compétences.

N'hésitez pas à me faire part de vos interrogations, vos expériences personnelles, celle de vos enfants, de vos remarques concernant les sujets que j'évoque dans ce blog.

* Merci de ne pas faire de copier/coller de mes textes sur vos blogs. Demandez-moi!

* Toutes les vignettes cliniques parlent de patients "fictifs" bien sûr et de situations choisies sans lien particulier avec telle ou telle personne. Le travail thérapeutique est strictement confidentiel.